Tais-toi, tais-toi, mais ferme ta gueule, ça sert à rien à part te mettre en porte à faux plus que de raison, et puis... même pas, petite goutte d'eau prétentieuse, petite goutte d'eau moins salée qu'une larme.
A fond. Un coup de faux derrière la porte.
Septembre: année qui s'approche de la fin, 2015 sur la pente descendante.
D'abord, parler de, la mort de, Coyote (le dessinateur de Little Kevin). Mais Pourquoi?
Parce que mon tapis de souris actuel c'est FLuide Glacia40 ans. Et alors?
Alors, au delà du fait que ce soit nul en tapis de souris, ça me rappelle que la page que Coyote a dessinée dans ce journal, page dans laquelle il se représentait sous les traits d'un Coyote métamorphe (ça fait mac, hein, métamorph? Non. Ah bon et puis c'est pas le bon mot: on dit: personnifié) à sa table de travail, téléphonant avec Lindingre, s'allumant et fumant rigolard un crayon, ou disant "J'aimerais pas remonter à vélo tout ce qu'on a descendu! HaHaHa!",
cette page s'intitulait, s'intitule:
"Pour qui sonne le glacial"
Après ça, quelque temps après ça, il meurt.
Et le titre résonne un peu différemment. Et je trouve ça "classe" - puisque j'imagine bien qu'il a réalisé ces planches et choisi son titre en sachant qu'il était malade.
De ce point de vue, clin d'oeil rieur ou railleur à sa propre mort, façons inutiles mais gentiment frondeuses face à ce gros problème et ce petit scandale qu'est la disparition des autres et de soi, celui de Molière - considéré par certains, et pas forcément à tort, comme étant avant tout un suceur de queue royal, pardon royale, royal on sait pas- est pas mal du tout:
Molière donc, malade à crever - repétons ce mot- il crèvera dans ce rôle, presque sous le feu des projecteurs comme Dalida au journal de treize heures, Molière joue le personnage d'Argan, malade imaginaire et chiant - ils passe sa vie avec des lavements dans le cul, donc très chiant... Mais il arrive un moment où il faut bien dire les choses et il arrive un moment où le personnage d'Argan s'énerve et parle de Molière, car son frère lui propose d'aller voir une de ses pièces se moquant des médecins, en ces termes: "si j'étais que des médecins, je me vengerais
de son impertinence; et quand il sera malade, je le laisserais mourir
sans secours. Il aura beau faire et beau dire, je ne lui ordonnerais pas
la moindre petite saignée, le moindre petit lavement et je lui
dirais:"Crève, crève! cela t'apprendra une autre fois à te jouer de la
Faculté."
Voilà qui est bien dit pour parler de soi.
(_ Pas de biographisme, on se fout de la vie des auteurs, ce qui compte c'est ce qu'ils font, écrivent, peignent, créent!
_ Boaf, ok. De toute façon il n'y a pas de biographisme: je ne connais pas Molière et Coyote, ce sont des personnages, parmi d'autres, des personnages de leurs oeuvres.
Et hop.)
Tiens, j'y pense maintenant
Menpenti,
groupe, devrait rejouer deux fois en concert en octobre. Et alors? Et
alors se souvenir d'à peu près cette phrase d'un de leurs morceaux, phrase que je déforme et qui n'existe peut-être pas mais qui va bien avec le reste: "il lui a dit: si tu bouges,
je te casse les doigts...le brigadier a bondi."
Voilà une attitude, dans ma tête, certes rocambolesque et poseuse mais qui ne manque pas de panache. Quand la mort nous dit de ne pas bouger, bondissons pour qu'elle nous tue. Amen.
Si j'étais intelligent je m'arrêterais là, mais
2015 sur la pente descendante.
ll ya douze heures, hier,
là je me retrouve sur Facebook et de liens en liens avec des gens qui disent c'est pas bien de montrer des dessins pédophiles: pétition. D'autres: c'est pas bien de censurer: pétition.
Explications: LafrichedelabelledeMai (Marseille) aurait organisé avec l'aide d'une subvention -minime... une goutte d'additif même pas très salé si on regarde un peu comme moi la belle folie du marché footballistique mondial et surtout anglais... soit dit en passant plus le temps passe plus l'inexplicable frisson de dégoût que j'avais ressenti dans les rues de Londres en y passant en 2002 semble se justifier (Je suis désolé Mme Dalloway je vous aime quand même plus que tout): j'ai décidément du mal avec les fonctionnements purement mercantiles et m'étonne qu'on parle encore fièrement de liberté ici et je trouve évidemment qu'il faudrait moins s'inquiéter de certains investissments d'Etat que de certains investissement privés mais reveonons à nos pédomoutons, car, oui, c'est de cela qu'il s'agit : LaFricheDeLaBelleDeMai (Marseille ) aurait organisé - avec nos sous c'est ça qui est grave finalement paraît-il- une exposition pédophile...
Ha bon? Je vais voir les images sur les sites des auteurs, pesant le pour et le contre, ne suis pas trop choqué, (pas excité non plus, donc un peu déçu, bien sûr) par ce que je vois - mais il faut que je précise que je n'ai pas tout regardé et que je ne suis pas certain non plus que les images que j'ai vues soient celles qui sont exposées à la Friche. J'enchaîne alors, je découvre avec joie le site BoulevardVoltaire (le pauvre vieux, il deviendrait fou, et qu'on ne me dise pas qu'il pensait ou penserait comme ça à l'heure actuelle... à la stricte rigueur j'en sais rien du tout et je m'en fous mais une chose est sûre: la pauvreté et la mollesse des écritures que j'y ai lues suffisent à me faire penser qu'il aurait vomi... C'est un peu comme si j'ouvrais un site antisémite, que je l'appelais QuaiCéline, et que j'écrive comme BHL... j'y reviendrai) et je me rends compte que ce que dit la personne du site c'est le vide absolu à part l'argument sur l'argent public mal utilisé ce qui peut prouver en passant que la morale n'est qu'une pauvre excuse...Poujade était un génie à côté.
Alors?
Alors les dessins? Et moi? Tu penses quoi, toi, enfin moi?
Moi d'abord je pense immédiatement qu'à suivre ce qu'explique la madame de BvdVoltaire ça doit pas être bien non plus de montrer un homme qui tue son père, qui baise sa mère et qui se crève les yeux mais que ça faisait malgré tout pas trop chier la cité grecque de filer de la thune pour qu'on représente cela... Mais je me dis que c'est pas le moment d'expliquer la Catharsis et que pour en parler vraiment il faut voir et écouter ce dont on parle et comme ce que je constate surtout c'est que eux comme moi n'avons pas vu l'expo, qu'ils n'ont fondamentalemnt aucun argument, aucun exemple, aucune preuve, this is entertainement and merchandising, bref ils s'agitent comme moi présentement.
Ils n'ont aucune
Classe?
Classe? Pourquoi?
Pour faire le lien avec Coyote et Molière?
Non: aucune élégance. Parce que l'élégance c'est plus délicat que la classe, ça demande un peu de temps, ça demande de regarder attentivement encore plus que d'être attentif à ce que l'on montre.
Et le lien? Qu'est-ce qu'il nous parle d'élégance, ce taré, pour parler d'absence de pensée et d'agitation vaine?
J'y arrive: le pb depuis le début - de l'article:
Reiser te manque:
par exemple lorsqu'il y a eu les attentats de CHebdo, bon on va pas parler de ça mille ans, ce n'est pas de vous que je parle, masseur, mais c'est un bon moyen de parler de plein de choses; au moment des attentats j'ai pensé avant toute chose à deux dessins de Reiser. J'en ai pas parlé sur le coup parce que c'était un peu violent et que la violence ça suffisait mais maintenant je ne parlerai que du plus spectaculaire, celui qui me fait le plus rire - quel malheur de le décrire et d'en enlever tout le sel: une pleine page, une phrase en haut, du genre : dans les pays musulmans les mariés doivent exposer le drap de la nuit de noces pour prouver que la mariée était bien vierge; dessous, au balcon, le couple hilare agite un grand drap dégueulasse principalement marron et hurle un truc comme: désolé on voit rien, on a chié dans les draps; en bas les gens font un peu la gueule.
Classe? Elégant?
Et bien oui: je trouve que ce couple qui montre ses draps tachés de merde et éventuellement de sang, mais pour le sang ça ne nous regarde pas, en riant ne manque pas d'élégance et de pudeur pour dire au monde qui les emmerde: nous nous aimons comme on veut.
Putain que c'est beau, j'en ai des frissons.
Et alors?
L'envie d'écrire comme Reiser dessine?
Mais oui, souvent, mais non, et vous?: fais, faites, faisons à ta, votre, notre, façon, même si c'est moins bien.
Voilà c'est tout?
Ah oui BHL, j'avais dit que j'y reviendrai.
Quand on a demandé à Kusturica pourquoi il refaisait du cinéma alors qu'il avait dit qu'il arrétait il a répondu: quand je vois ce que BHL fait au cinéma je me dis qu'il faut que je fasse plein de films.
Voilà une chose réglée et je n'ai aucune idée de la façon dont BHL écrit, il écrit certainement mieux que moi, mais de toute façon cette notion de "bien écrire" est tellement restreinte, tellement limitée... Trois points de suspension et voilà une deuxième chose réglée.
Et l'anstisémitisme?
En petit comité, avec des amis, ou des gens de passage qui peuvent éventuellement être choqués mais avec qui on peut parler, rétablir, expliquer, s'excuser, demander pardon, relancer "entre nous" comme dirait le suceur de queue royale, deux des mamelles principales de mon humour sophistiqué et glacé - je n'aime pas trop cette expression mais là je suis obligé de la prendre- sont les blagues pédophiles et antisémites -surtout des jeux de mots abscons et tirés par les cheveux, soit dit en passant, je joue avec les mots comme un petit enfant. Olah. Attention.
Oui, attention:
Quand je fais une blague antisémite, c'est toujours moi le juif, et si je fais une blague pédophile, c'est moi l'enfant. Et si face à moi il y a un juif ou un enfant, je ferme ma gueule.
Sauf si on sent que ça peut les faire rire, alors là...
- Ah oui, important, la preuve que je suis gentil: Une fois j'ai fait une blague antisémite et la personne en face de moi, qui l'était, antisémite ou sympathisante, ce que je ne savais pas, a ri au premier degré.
J'ai eu mal au ventre pendant une heure - c'est pas beaucoup, c'est pas assez mais surtout c'est bien fait pour ma gueule.
Je crois que là j'ai fini; on a compris là où je voulais en venir et par quels chemins je passais, c'est sûr... pas besoin de préciser beaucoup plus, tout le monde sait par exemple que Molière n'a pas eu trop droit à un enterrement un peu catholique ou que Reiser est mort à quarante-deux ans d'un cancer, que Celine était globalement antisémite mais que VoyageAuBoutDeLaNuit ne l'est pas, que Marcelo Bielsa laisse un vide et que... ça suffit, goutte d'eau:
Embrassades par milliers.
Même le psy a droit à son bisou si elle/il est pas timide.
jeudi 3 septembre 2015
lundi 16 février 2015
STU 6 thématiquement
Prologue
Ma dernière chronique non stuienne (Stu3) parlait très indirectement et plus qu'allusivement de la disparition des corps, celle de ceux des dessinateurs de Charlie Hebdo notamment, et de la façon dont on peut gèrer la disparition du corps dans l'écriture.
Pour très vite passer à autre chose et être d'accord avec une des raisons pour lesquelles Laurine (lien en bas à droite, yourte weldom, gueurl) a quitté les lieux facebookiens je considère moi aussi que cette disparition du corps peut y devenir inacceptable et très dérangeante... Discuter avec des gens sans voir leurs yeux ou leurs mains - rouler des clopes avec douceur ou découper des patates extrêmement brutalement... déjà que la disparité entre publication et commentaire et la dimension publique de la discussion pose les bases d'une conversation bien déséquilibrée...
Mais je vais continuer comme j'ai commencé,
écrire mes articles de blog et les mettre en lien.
Pour faire de la pub comme un connard?
Oui, sûrement,
tu parles, comme c'est efficace,
mais surtout pour honorer une promesse intenable que je m'étais faite : arriver au chapitre 50 des chroniques du Stu. Le chapitre L en latin, "Large" en tshirt.
Putain je vais jamais y arriver.
Fin du prologue.
Go
J'ai 36 ans pour quelques jours encore j'ai 38,5 de fièvre depuis trois jours... j'ai un peu chaud. J'ai passé les 96 dernières heures enfermé dans un camion et dans mon appartement. Je suis sorti du camion pour garder la place où Guillaume allait le garer. J'en suis aussi sorti pour jouer 50 minutes dans un bar avec le STU. J'ai eu un regain de forme qui m'a permis de sortir 4h avec mes amis après le concert.
Je me suis pas mal amusé et ai oublié l'état général de la maison.
Il faut avouer que ce regain de forme était lié certes à la tension nerveuse inhérente au fait de jouer sur scène (une scène de trois mètres carrés soit dit en passant mais ça suffit largement) et à la détente joyeuse qui y succède
mais surtout à quelques litres de rhum.
-Oui autant la dernière fois c'était les points de suspension là c'est les passages à la ligne.
Six thématiquement
"Je bois systématiquement pour oublier les amis de ma femme."
Boris.
Huit.
Six.
Oui je le constate, je l'affirme, je l'assume: je ne crois pas qu'il y ait une chronique stuéenne, oui on peut dire stuéenne et stuienne, on peut même dire Stu Ellen, qui ne parle pas, incidemment, d'alcool.
Pourtant la dernière fois qu'on est allé à Bordeaux on n'a pas bu.
La preuve, je n'ai pas grand chose à en dire.
Images du trajet: je conduis le camion de Manu. A ma droite: Christophe, hyper stressé. Derrière: des covoitureurses qui se demandent pourquoi on a le visage fermé, pourquoi on dit rien, pourquoi le mec qui a commencé en souriant et affirmant qu'il roulait toujours presque lentement est à 130-140 sur la file de gauche alors que ça semble encore plus ronger son camarade. Arrivée à Toulouse, on récupère Guillaume, extrêmement enjoué pendant 1mn. Il prend le volant et conduit à fond sur la file gauche. Christophe et moi ne disons pas un mot. Quelques grognements. On arrive à Bordeaux. On lâche les covoitureurses et on récupère Manu qui fait une blague. Nous le regardons tous les trois d'une oeil torve. Il dit un truc du genre "et bê belle ambiance", il n'ajoute pas que lui aussi ça lui fait plaisir de nous voir et qu'il serait presqu'en train de regretter ses six heures de trajet pour descendre de Paris ou de Nantes mais comme il sent qu'il ne lui sera rien répondu ni de négatif ni de positif, simplement des regards noirs, il ferme sa gueule. Il doit quand même siffler. Histoire qu'on sente bien qu'il ferme sa gueule.
Dès qu'on est garé Guillaume se casse. Officiellement pour visiter. Les quais, n'importe quoi. Va pas te jeter dans l'eau. Comme Christophe a le dos tourné on se dit avec Manu que ça doit être plus pour éviter de commettre un meutre qu'autre chose... ça nous fait un peu sourire.
Le concert: quatre personnes dans le public dont trois membres de l'autre groupe et le patron de la salle qui fait le son en buvant des 8.6.
Le concert de l'autre groupe: c'est hyper violent pour des gens épuisés et désolés. On n'arrive pas trop à rester les regarder, écouter, on tourne un peu... On voudrait aller se coucher. C'est un peu la honte. Le patron de la salle qui en est à sa dixième 8.6 et sa copine doivent nous loger chez eux. Ils nous ont superbement fait à manger, on est confiant. Alors après le deuxième concert on remonte tous, on discute tous, on se dit qu'on va aller se coucher, le patron dit: "oh, on ira tous ensemble, on a le temps de boire quelques verres, les gars. " On dit déçu mais je te jure ça se voit pas: c'est vrai, il a raison.
C'est un surhomme: avec ses 8.6 il fume des joints qui sont épais comme ma cuisse (j'ai fait du judo). On papote tous tranquillement, Christophe s'est couché sur une banquette du bar.
A la quatorizième 8.6, il est trois quatre heures du mat, on va se coucher et là, Guillaume: "Manu, passe moi les clefs du camion je vais pas dormir là-bas, je peux pas"... je vais dormir merveilleusement dans le camion.
Comme Manu sait que c'est impossible de le convaincre de venir dormir avec nous - c'est soit dit en passant plutôt abherrant d'aller dormir dans le camion vu la température extérieure - il lui dit qu'il a laissé les clefs du véhicule dans le sac à dos qui est au fond du bar fermé à double tour. Je souris même pas, tellement j'imagine qu'il est possible que Guillaume comprenne que Manu ment et je sais comme Manu que si on veut faire d'autres concerts il vaut mieux que Guillaume ne dorme pas dans le camion mais avec nous quoi que cela lui coûte, le pauvre chou. Notre piégé est pâle comme un linge, hésite à appeler des hôtels, ne le fait pas, se balance d'un pied sur l'autre et se couche dans un dortoir mi film d'horreur mi coulisse de théâtre en faillite au XIXème siècle (ce qui est souvent le décor d'un film d'horreur) au dernier étage d'un immeuble dans le plus petit des couchages car il sait que personne ne pourra l'y rejoindre tandis que Christophe et moi prenons les lits superposés en métal de la Ruhr et que Manu se sacrifie en prenant un des lits deux places dans lequel le rejoindra un des membres de l'autre groupe quand ils auront fini de faire la fête à l'étage inférieur avec nos hôtes, les cinq ou six chats des lieux et les neuf ou dix bouteilles d'alcool blanc qui les y attendent. Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire (le décor évoquerait presque à ce moment la tour où loge Merlin au château de Walt Disney ou bien la maison parisienne en ruine où jouent les aristochats - avec des odeurs en plus quand même) lorsque je vois Guillaume sur le dos en position de vampire, il tique, je dis que j'ai un peu l'impression d'être en colo il répond:
"Putain, j'ai quarante ans, moi, j'ai passé l'âge de ces conneries."
Comme on avait rien à faire d'autre on a dû rire comme des cons pendant un quart d'heure. Répéter sa phrase, rire pendant un quart d'heure, répéter encore sa phrase, rire pendant un quart d'heure...
Je crois que que quelques quart d'heure plus tard, lorsqu'un mec de l'autre groupe est monté en se cognant et en riant pour se coucher dans notre colonie et qu'il a sagement battu en retraite et dormi dans le salon parce que Christophe lui a hurlé dessus d'une voix sifflante de nous foutre la paix, je crois que Guillaume a failli se lever pour serrer son chanteur préféré dans ses bras.
C'est tout.
Ah oui au retour on a laissé Guillaume à Toulouse et Manu à Nîmes. On y a passé la soirée tous les trois avec Joan et chez Joan et le lendemain avec Christophe on est reparti vers Marseille.
Lui et moi étions plus que grisâtres et puants mais on a réussi à faire rire- un peu nerveusement malgré tout - les covoitureurses que nous avait prévu Guillaume.
A Nîmes on a un peu bu, trop, j'ai même failli me battre avec un barman, ou me faire tabasser, au choix, qui refusait de me servir encore une fois... ça ne m'arrive qu'à Nîmes. Nîmes est une ville violente.
PS1: même maintenant Guillaume n'a pas quarante ans.
PS2: les 44 chroniques suivantes seront sûrement des haïkus.
Ma dernière chronique non stuienne (Stu3) parlait très indirectement et plus qu'allusivement de la disparition des corps, celle de ceux des dessinateurs de Charlie Hebdo notamment, et de la façon dont on peut gèrer la disparition du corps dans l'écriture.
Pour très vite passer à autre chose et être d'accord avec une des raisons pour lesquelles Laurine (lien en bas à droite, yourte weldom, gueurl) a quitté les lieux facebookiens je considère moi aussi que cette disparition du corps peut y devenir inacceptable et très dérangeante... Discuter avec des gens sans voir leurs yeux ou leurs mains - rouler des clopes avec douceur ou découper des patates extrêmement brutalement... déjà que la disparité entre publication et commentaire et la dimension publique de la discussion pose les bases d'une conversation bien déséquilibrée...
Mais je vais continuer comme j'ai commencé,
écrire mes articles de blog et les mettre en lien.
Pour faire de la pub comme un connard?
Oui, sûrement,
tu parles, comme c'est efficace,
mais surtout pour honorer une promesse intenable que je m'étais faite : arriver au chapitre 50 des chroniques du Stu. Le chapitre L en latin, "Large" en tshirt.
Putain je vais jamais y arriver.
Fin du prologue.
Go
J'ai 36 ans pour quelques jours encore j'ai 38,5 de fièvre depuis trois jours... j'ai un peu chaud. J'ai passé les 96 dernières heures enfermé dans un camion et dans mon appartement. Je suis sorti du camion pour garder la place où Guillaume allait le garer. J'en suis aussi sorti pour jouer 50 minutes dans un bar avec le STU. J'ai eu un regain de forme qui m'a permis de sortir 4h avec mes amis après le concert.
Je me suis pas mal amusé et ai oublié l'état général de la maison.
Il faut avouer que ce regain de forme était lié certes à la tension nerveuse inhérente au fait de jouer sur scène (une scène de trois mètres carrés soit dit en passant mais ça suffit largement) et à la détente joyeuse qui y succède
mais surtout à quelques litres de rhum.
-Oui autant la dernière fois c'était les points de suspension là c'est les passages à la ligne.
Six thématiquement
"Je bois systématiquement pour oublier les amis de ma femme."
Boris.
Huit.
Six.
Oui je le constate, je l'affirme, je l'assume: je ne crois pas qu'il y ait une chronique stuéenne, oui on peut dire stuéenne et stuienne, on peut même dire Stu Ellen, qui ne parle pas, incidemment, d'alcool.
Pourtant la dernière fois qu'on est allé à Bordeaux on n'a pas bu.
La preuve, je n'ai pas grand chose à en dire.
Images du trajet: je conduis le camion de Manu. A ma droite: Christophe, hyper stressé. Derrière: des covoitureurses qui se demandent pourquoi on a le visage fermé, pourquoi on dit rien, pourquoi le mec qui a commencé en souriant et affirmant qu'il roulait toujours presque lentement est à 130-140 sur la file de gauche alors que ça semble encore plus ronger son camarade. Arrivée à Toulouse, on récupère Guillaume, extrêmement enjoué pendant 1mn. Il prend le volant et conduit à fond sur la file gauche. Christophe et moi ne disons pas un mot. Quelques grognements. On arrive à Bordeaux. On lâche les covoitureurses et on récupère Manu qui fait une blague. Nous le regardons tous les trois d'une oeil torve. Il dit un truc du genre "et bê belle ambiance", il n'ajoute pas que lui aussi ça lui fait plaisir de nous voir et qu'il serait presqu'en train de regretter ses six heures de trajet pour descendre de Paris ou de Nantes mais comme il sent qu'il ne lui sera rien répondu ni de négatif ni de positif, simplement des regards noirs, il ferme sa gueule. Il doit quand même siffler. Histoire qu'on sente bien qu'il ferme sa gueule.
Dès qu'on est garé Guillaume se casse. Officiellement pour visiter. Les quais, n'importe quoi. Va pas te jeter dans l'eau. Comme Christophe a le dos tourné on se dit avec Manu que ça doit être plus pour éviter de commettre un meutre qu'autre chose... ça nous fait un peu sourire.
Le concert: quatre personnes dans le public dont trois membres de l'autre groupe et le patron de la salle qui fait le son en buvant des 8.6.
Le concert de l'autre groupe: c'est hyper violent pour des gens épuisés et désolés. On n'arrive pas trop à rester les regarder, écouter, on tourne un peu... On voudrait aller se coucher. C'est un peu la honte. Le patron de la salle qui en est à sa dixième 8.6 et sa copine doivent nous loger chez eux. Ils nous ont superbement fait à manger, on est confiant. Alors après le deuxième concert on remonte tous, on discute tous, on se dit qu'on va aller se coucher, le patron dit: "oh, on ira tous ensemble, on a le temps de boire quelques verres, les gars. " On dit déçu mais je te jure ça se voit pas: c'est vrai, il a raison.
C'est un surhomme: avec ses 8.6 il fume des joints qui sont épais comme ma cuisse (j'ai fait du judo). On papote tous tranquillement, Christophe s'est couché sur une banquette du bar.
A la quatorizième 8.6, il est trois quatre heures du mat, on va se coucher et là, Guillaume: "Manu, passe moi les clefs du camion je vais pas dormir là-bas, je peux pas"... je vais dormir merveilleusement dans le camion.
Comme Manu sait que c'est impossible de le convaincre de venir dormir avec nous - c'est soit dit en passant plutôt abherrant d'aller dormir dans le camion vu la température extérieure - il lui dit qu'il a laissé les clefs du véhicule dans le sac à dos qui est au fond du bar fermé à double tour. Je souris même pas, tellement j'imagine qu'il est possible que Guillaume comprenne que Manu ment et je sais comme Manu que si on veut faire d'autres concerts il vaut mieux que Guillaume ne dorme pas dans le camion mais avec nous quoi que cela lui coûte, le pauvre chou. Notre piégé est pâle comme un linge, hésite à appeler des hôtels, ne le fait pas, se balance d'un pied sur l'autre et se couche dans un dortoir mi film d'horreur mi coulisse de théâtre en faillite au XIXème siècle (ce qui est souvent le décor d'un film d'horreur) au dernier étage d'un immeuble dans le plus petit des couchages car il sait que personne ne pourra l'y rejoindre tandis que Christophe et moi prenons les lits superposés en métal de la Ruhr et que Manu se sacrifie en prenant un des lits deux places dans lequel le rejoindra un des membres de l'autre groupe quand ils auront fini de faire la fête à l'étage inférieur avec nos hôtes, les cinq ou six chats des lieux et les neuf ou dix bouteilles d'alcool blanc qui les y attendent. Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire (le décor évoquerait presque à ce moment la tour où loge Merlin au château de Walt Disney ou bien la maison parisienne en ruine où jouent les aristochats - avec des odeurs en plus quand même) lorsque je vois Guillaume sur le dos en position de vampire, il tique, je dis que j'ai un peu l'impression d'être en colo il répond:
"Putain, j'ai quarante ans, moi, j'ai passé l'âge de ces conneries."
Comme on avait rien à faire d'autre on a dû rire comme des cons pendant un quart d'heure. Répéter sa phrase, rire pendant un quart d'heure, répéter encore sa phrase, rire pendant un quart d'heure...
Je crois que que quelques quart d'heure plus tard, lorsqu'un mec de l'autre groupe est monté en se cognant et en riant pour se coucher dans notre colonie et qu'il a sagement battu en retraite et dormi dans le salon parce que Christophe lui a hurlé dessus d'une voix sifflante de nous foutre la paix, je crois que Guillaume a failli se lever pour serrer son chanteur préféré dans ses bras.
C'est tout.
Ah oui au retour on a laissé Guillaume à Toulouse et Manu à Nîmes. On y a passé la soirée tous les trois avec Joan et chez Joan et le lendemain avec Christophe on est reparti vers Marseille.
Lui et moi étions plus que grisâtres et puants mais on a réussi à faire rire- un peu nerveusement malgré tout - les covoitureurses que nous avait prévu Guillaume.
A Nîmes on a un peu bu, trop, j'ai même failli me battre avec un barman, ou me faire tabasser, au choix, qui refusait de me servir encore une fois... ça ne m'arrive qu'à Nîmes. Nîmes est une ville violente.
PS1: même maintenant Guillaume n'a pas quarante ans.
PS2: les 44 chroniques suivantes seront sûrement des haïkus.
mardi 20 janvier 2015
(STU3)
C'est pas moi - moi je suis bélier.
Bref, ouvrez les guillemets:
Aimez-vous votre époque?
Bê, j'ai guère le choix, hein... Ouais... elle est passionnante... même si à moment donné je me suis toujours un peu projeté dans l'ancien temps... Sinon au Moyen-Age du moins au début du siècle... A moment donné où y avait moins de, moins de technologie moderne... les moyens, les moyens de communication étaient plus... rares et beaucoup plus... à l'échelle humaine. C'est peut-être ça qui me manque...
Mon époque.. elle est préoccupante, mon époque, quoi, notre époque, cher ami... elle est troublante mais elle est passionnante... Les moyens de communication accélérés et très pointus c'est très troublant... Bon, à mon avis les humains ils restent à peu près les mêmes qu'à d'autres époques, mais.... Mais... il ya un moyen d'avoir un point de vue sur l'ensemble du monde ce qui est très très, ce qui donne pas mal de confusion parce que c'est difficile de s'intéresser, d'être concerné par tous les bonheurs et tous les malheurs qui se passent sur la surface de la planète... Ouais mais... moi je trouve que ça vaut vraiment la peine de vivre à cet époque.
L'argent?
Woaiaiaiai... L'argent c'est un drôle de truc... L'argent c'est compliqué, c'est un encombrement, c'est...il faudrait pouvoir s'en affranchir. Et puis effectivement l'argent c'est extrêmement dangereux...Plus on en a et plus on a peur d'en manquer et quand en on a pas on en a besoin aussi... Je peux pas supporter... C'est paniquant... Et puis j'ai réévalué ça quand j'ai commencé à avoir la responsabilité d'une famille nombreuse, rapidement, donc une responsabilité financière par rapport à des êtres vivants qui m'étaient chers et proches... Déjà je trouve ça, de pouvoir vivre, faire vivre une famille avec ce truc qu'est du vent, ce métier de comédien qui ne ressemble à rien... bon ça me plaît, ça n'empêche pas . Je trouve ça miraculeux...
Et...
Votre vice?
Aie, aie aie, aie... mon vice... Je dirais que j'ai une certaine forme de vice qui peut être une propension à l'introspection... heu, c'est-à-dire: le doute... l'atermoiement c'est... à prendre... tiens: si je me retrouve dans une corrida, spectateur -j'ai jamais été dans l'arène, je vais pas être convaincu du parti que je dois prendre, entre le taureau et le torero. Et, y compris dans une dispute... familiale... ou sociale... j'ai tendance à me mettre à la place des protagonistes des deux camps... déjà que je suis double... je suis gémeaux... j'irais pas jusqu'à dire bipolaire, c'est un peu facile, "bipolaire"... c'est un mot à la mode...
Cet atermoiement qu'est vicieux, qui ne me sert pas forcément, quoi... qui est plutôt un embarras, qui... ça met surtout moi dans l'embarras. C'est un drôle de truc que j'arrive à dépasser dans le jeu... les deux... se rassemblent parce que, bon, c'est canalisé, dans un...,une entité.
Fermez les guillemets.
Denis Lavant.
Interview vidéo du 04/O7/2012
Retranscription de je avec raccourcis et points de suspension (Moindre des choses).
- Faire disparaître le corps, la voix, et mettre des points de suspension à la place, donc.
Bref, ouvrez les guillemets:
Aimez-vous votre époque?
Bê, j'ai guère le choix, hein... Ouais... elle est passionnante... même si à moment donné je me suis toujours un peu projeté dans l'ancien temps... Sinon au Moyen-Age du moins au début du siècle... A moment donné où y avait moins de, moins de technologie moderne... les moyens, les moyens de communication étaient plus... rares et beaucoup plus... à l'échelle humaine. C'est peut-être ça qui me manque...
Mon époque.. elle est préoccupante, mon époque, quoi, notre époque, cher ami... elle est troublante mais elle est passionnante... Les moyens de communication accélérés et très pointus c'est très troublant... Bon, à mon avis les humains ils restent à peu près les mêmes qu'à d'autres époques, mais.... Mais... il ya un moyen d'avoir un point de vue sur l'ensemble du monde ce qui est très très, ce qui donne pas mal de confusion parce que c'est difficile de s'intéresser, d'être concerné par tous les bonheurs et tous les malheurs qui se passent sur la surface de la planète... Ouais mais... moi je trouve que ça vaut vraiment la peine de vivre à cet époque.
L'argent?
Woaiaiaiai... L'argent c'est un drôle de truc... L'argent c'est compliqué, c'est un encombrement, c'est...il faudrait pouvoir s'en affranchir. Et puis effectivement l'argent c'est extrêmement dangereux...Plus on en a et plus on a peur d'en manquer et quand en on a pas on en a besoin aussi... Je peux pas supporter... C'est paniquant... Et puis j'ai réévalué ça quand j'ai commencé à avoir la responsabilité d'une famille nombreuse, rapidement, donc une responsabilité financière par rapport à des êtres vivants qui m'étaient chers et proches... Déjà je trouve ça, de pouvoir vivre, faire vivre une famille avec ce truc qu'est du vent, ce métier de comédien qui ne ressemble à rien... bon ça me plaît, ça n'empêche pas . Je trouve ça miraculeux...
Et...
Votre vice?
Aie, aie aie, aie... mon vice... Je dirais que j'ai une certaine forme de vice qui peut être une propension à l'introspection... heu, c'est-à-dire: le doute... l'atermoiement c'est... à prendre... tiens: si je me retrouve dans une corrida, spectateur -j'ai jamais été dans l'arène, je vais pas être convaincu du parti que je dois prendre, entre le taureau et le torero. Et, y compris dans une dispute... familiale... ou sociale... j'ai tendance à me mettre à la place des protagonistes des deux camps... déjà que je suis double... je suis gémeaux... j'irais pas jusqu'à dire bipolaire, c'est un peu facile, "bipolaire"... c'est un mot à la mode...
Cet atermoiement qu'est vicieux, qui ne me sert pas forcément, quoi... qui est plutôt un embarras, qui... ça met surtout moi dans l'embarras. C'est un drôle de truc que j'arrive à dépasser dans le jeu... les deux... se rassemblent parce que, bon, c'est canalisé, dans un...,une entité.
Fermez les guillemets.
Denis Lavant.
Interview vidéo du 04/O7/2012
Retranscription de je avec raccourcis et points de suspension (Moindre des choses).
- Faire disparaître le corps, la voix, et mettre des points de suspension à la place, donc.
mardi 25 novembre 2014
(Tambouille)
Tambouille. Le Stu 6 est en route.
En attendant, arrière-cuisine, pépère, léger, entre deux verres (peut faire encore un peu branlette narcisse, je préfère prévenir... pour le voyageur égaré... passez prévenus sans cracher dans ma soupe)
Ingrédients.
Il faut distinguer les ingrédients involontaires et les ingrédients volontaires.
Ingrédients involontaires.
En 2010 je relis Alcools du Patrollinaire et soudain: la première strophe de "Merlin et la vieille femme",
"Le soleil ce jour-là s’étalait comme un ventre
Maternel qui saignait lentement sur le ciel
La lumière est ma mère ô lumière sanglante
Les nuages coulaient comme un flux menstruel"
...me rappelle quelque chose.
Ah oui: un des premiers "quatrains", que j'ai jugé vaguement sortable, commis par mi- et de cuisine:
Je le livre éhontément:
"Ce rougeaud de soleil qui déverse ses tripes
Dans la mer bleu nuit aux pâles fourreaux d'argent
Cet astre lumineux auquel la vie s'agrippe
Part et commence la nuit attendue si longtemps."
ça se ressemble un peu, hein?
Totale stupeur de ma part en 2010. Aucun décalque, aucun souvenir.
Mais pour être parfaitement sincère il faut préciser que la première fois que j'ai lu consciencieusement et en entier Alccols c'était pour le bac de français et c'était en 1995.
... Le quatrain tiré de "Coucher antillais", original comme titre, et bê je l'ai écrit en 1995 aussi
AH!
Ah ouais...
Evidemment...
Tout est clair, plagieur... Mais non, je jure, ou alors: inconscient.
Plagiste.
- Ce serait presque le moment de placer l'argument goebbelsien de Courtney Love quand on l'a accusée d'avoir fait écrire son album par son mari: s'il avait participé, il aurait été dix fois meilleur.
Solide.
Ingrédients volontaires:
parfois je parodie un peu, pour la maison, pour m'amuser, et le mot parodie n'est pas le plus juste, j'utilise, je clind'oeile, je fais mijoter, je m'entraîne, et puis ça marche: souvent ça m'amuse.
Exemple:
un truc de Verlaine -on voit que c'est l'écriture contemporaine qui me nourrit.
Le vieux malade d'abord: Le jeune con copieur:
"Les donneurs de sérénade "Les donneurs de coups de bite
Et les belles écouteuses Et les belles nyctalopes
Echangent des propos fades Se font passer des mayos frites
Sous les ramures chanteuses[..] Sous la lueur des stroboscopes[...]
Tourbillonnent dans l'extase Les jeans, bleus, des garçons et des filles
D'une lueur rose et grise, Caracolent dans le bruit
Et la mandoline jase Des instruments sournois et moqueurs
Parmi les frissons des brises" Et la guitare basse jazze
Un bon vieil air bien racoleur."
Indaclub.
Deuxième exemple, il est rigolo, et un peu différent dans le mécanisme de transformation:
Pas Parodie de "Becassine" de Brassens mais utilisation de "Bécassine" de Brassens :
"Sous la coiffe de Bécassine " Certains se cassent en Indochine
Un champ de blé prenait racine Pour y donner des coups de pine
Ceux qui cherchaient la toison d'or De gros et joyeux gars du Nord
Ailleurs avaient bigrement tort " Vont défoncer de petits corps."
Fin.
Délicat car
L'essentiel:
Au delà des ingrédients quand j'ouvre mes vieux cahiers je retrouve autre chose (à l'origine je les ai ouverts pour retrouver la parodie de Verlaine dont je ne me souvenais plus trop, uniquemet de "donneurs de coups de bites", "mayos frites" et "jazze" à vrai dire, et je suis remonté de carnet en carnet comme un petit saumon, ohoh) je vois un de mes premiers poèmes gardés, extrêmement lointain et je constate que je l'écris dès que je sors d'une certaine enfance, que dans ce texte ancien, j'y raconte la perte d'une naïveté, l'ébahissement que provoque le fait de découvrir un peu comment fonctionne le monde - sur ce coup précis la petite hypocrisie qui ne porte pas à conséquence mais qui surprend l'enfant qui croit que tout le monde s'aime et que tout le monde se sourit sans se forcer, ou ne se sourit pas.
Et je me dis que, hop, tout de suite que, protection, je sors mes jouets pour compenser mais comme c'est un peu ridicule et que je suis orgueilleux, hop j'utilise le langage de "façon poétique", à suivre la distinction du mec, un critique dont je ne me souviens plus, le nom, qui disait que le poète joue avec les mots comme un enfant alors que le romancier tel un adulte affronte le monde.
C'est un peu débile comme théorie. C'est une théorie de vieux. Ou d'enfant qui croit que l'adulte existe.
Simple et Sénile.
Et quels fruits de tant de fleurs, et quels fruits de tant de fêlures?
Peut-être que les ingrédients involontaires c'est, le temps passant, le tour de main, dont il faut se méfier comme de tout?
Peut-être, oui.
Parler d'or et mettre l'argent
Dans la main.
Putain c'est tendu
Retenir la paradoxale naïveté.
Et Apo il en fait pas trop?
Non il en fait pas trop
Ps: comme j'ai parlé que de vieux cons, je mets ce lien.
A la fin de sa vie Gainsbourg, plus il disait des conneries plus il avait l'impression de dire des choses intelligentes, le genre de mec qu'en plus il s'autocite, quoi, tyasu, le malade, mais dans cette interview il tient presque la route. Je ne déteste pas ce qu'il dit sur le post mortem.
https://www.youtube.com/watch?v=PuNx4r1umUU
En attendant, arrière-cuisine, pépère, léger, entre deux verres (peut faire encore un peu branlette narcisse, je préfère prévenir... pour le voyageur égaré... passez prévenus sans cracher dans ma soupe)
Ingrédients.
Il faut distinguer les ingrédients involontaires et les ingrédients volontaires.
Ingrédients involontaires.
En 2010 je relis Alcools du Patrollinaire et soudain: la première strophe de "Merlin et la vieille femme",
"Le soleil ce jour-là s’étalait comme un ventre
Maternel qui saignait lentement sur le ciel
La lumière est ma mère ô lumière sanglante
Les nuages coulaient comme un flux menstruel"
...me rappelle quelque chose.
Ah oui: un des premiers "quatrains", que j'ai jugé vaguement sortable, commis par mi- et de cuisine:
Je le livre éhontément:
"Ce rougeaud de soleil qui déverse ses tripes
Dans la mer bleu nuit aux pâles fourreaux d'argent
Cet astre lumineux auquel la vie s'agrippe
Part et commence la nuit attendue si longtemps."
ça se ressemble un peu, hein?
Totale stupeur de ma part en 2010. Aucun décalque, aucun souvenir.
Mais pour être parfaitement sincère il faut préciser que la première fois que j'ai lu consciencieusement et en entier Alccols c'était pour le bac de français et c'était en 1995.
... Le quatrain tiré de "Coucher antillais", original comme titre, et bê je l'ai écrit en 1995 aussi
AH!
Ah ouais...
Evidemment...
Tout est clair, plagieur... Mais non, je jure, ou alors: inconscient.
Plagiste.
- Ce serait presque le moment de placer l'argument goebbelsien de Courtney Love quand on l'a accusée d'avoir fait écrire son album par son mari: s'il avait participé, il aurait été dix fois meilleur.
Solide.
Ingrédients volontaires:
parfois je parodie un peu, pour la maison, pour m'amuser, et le mot parodie n'est pas le plus juste, j'utilise, je clind'oeile, je fais mijoter, je m'entraîne, et puis ça marche: souvent ça m'amuse.
Exemple:
un truc de Verlaine -on voit que c'est l'écriture contemporaine qui me nourrit.
Le vieux malade d'abord: Le jeune con copieur:
"Les donneurs de sérénade "Les donneurs de coups de bite
Et les belles écouteuses Et les belles nyctalopes
Echangent des propos fades Se font passer des mayos frites
Sous les ramures chanteuses[..] Sous la lueur des stroboscopes[...]
Tourbillonnent dans l'extase Les jeans, bleus, des garçons et des filles
D'une lueur rose et grise, Caracolent dans le bruit
Et la mandoline jase Des instruments sournois et moqueurs
Parmi les frissons des brises" Et la guitare basse jazze
Un bon vieil air bien racoleur."
Indaclub.
Deuxième exemple, il est rigolo, et un peu différent dans le mécanisme de transformation:
Pas Parodie de "Becassine" de Brassens mais utilisation de "Bécassine" de Brassens :
"Sous la coiffe de Bécassine " Certains se cassent en Indochine
Un champ de blé prenait racine Pour y donner des coups de pine
Ceux qui cherchaient la toison d'or De gros et joyeux gars du Nord
Ailleurs avaient bigrement tort " Vont défoncer de petits corps."
Fin.
Délicat car
L'essentiel:
Au delà des ingrédients quand j'ouvre mes vieux cahiers je retrouve autre chose (à l'origine je les ai ouverts pour retrouver la parodie de Verlaine dont je ne me souvenais plus trop, uniquemet de "donneurs de coups de bites", "mayos frites" et "jazze" à vrai dire, et je suis remonté de carnet en carnet comme un petit saumon, ohoh) je vois un de mes premiers poèmes gardés, extrêmement lointain et je constate que je l'écris dès que je sors d'une certaine enfance, que dans ce texte ancien, j'y raconte la perte d'une naïveté, l'ébahissement que provoque le fait de découvrir un peu comment fonctionne le monde - sur ce coup précis la petite hypocrisie qui ne porte pas à conséquence mais qui surprend l'enfant qui croit que tout le monde s'aime et que tout le monde se sourit sans se forcer, ou ne se sourit pas.
Et je me dis que, hop, tout de suite que, protection, je sors mes jouets pour compenser mais comme c'est un peu ridicule et que je suis orgueilleux, hop j'utilise le langage de "façon poétique", à suivre la distinction du mec, un critique dont je ne me souviens plus, le nom, qui disait que le poète joue avec les mots comme un enfant alors que le romancier tel un adulte affronte le monde.
C'est un peu débile comme théorie. C'est une théorie de vieux. Ou d'enfant qui croit que l'adulte existe.
Simple et Sénile.
Et quels fruits de tant de fleurs, et quels fruits de tant de fêlures?
Peut-être que les ingrédients involontaires c'est, le temps passant, le tour de main, dont il faut se méfier comme de tout?
Peut-être, oui.
Parler d'or et mettre l'argent
Dans la main.
Putain c'est tendu
Retenir la paradoxale naïveté.
Et Apo il en fait pas trop?
Non il en fait pas trop
Ps: comme j'ai parlé que de vieux cons, je mets ce lien.
A la fin de sa vie Gainsbourg, plus il disait des conneries plus il avait l'impression de dire des choses intelligentes, le genre de mec qu'en plus il s'autocite, quoi, tyasu, le malade, mais dans cette interview il tient presque la route. Je ne déteste pas ce qu'il dit sur le post mortem.
https://www.youtube.com/watch?v=PuNx4r1umUU
jeudi 6 novembre 2014
STU 5: bagnoles : 5 places
Nous allions à Eygalières.
Nous avions loué un camion, énorme, au fond de la soute duquel l'ampli fender, l'ampli vox, l'ampli basse, la batterie et les guitares semblaient minuscules.
A l'allée Manu conduisait, le camion avait été loué avec les papiers de Christophe et va savoir pourquoi Manu n'avait pas le droit de conduire... il avait dû perdre tout ses papiers, et Christophe était un peu stressé par ça...il soufflait contre la vitre latérale en battant mécaniquement de l'épaule, verdâtre, alternant les sifflements haineux contre les automobilistes et les: putain, je te fais confiance Manu, j'ai confiance en toi Manu, je sais qu'il va y avoir aucun pb, t'inquiète pas, j'ai confiance... Je crois que dès la première halte sur une aire, il était passé rapidement à l'arrières se détendre et nous détendre, passé à côté de Guillaume et Florent avec qui il avait pu faire des blagues de cul et rire hyper fort.
Oui Florent était là, il avait un paquet de MMs et une bouteille d'eau et Guillaume, ravi d'avoir un être un peu nouveau avec lui, lui expliquait ce qu'il tapait sur Google.
Nous allions à Montpellier.
On avait pris la Xsara, grise, ma voiture qui n'était pas à moi et notre voiture de base. La base. La basse sur les genoux à l'arrière de Christophe, Manu et Stéphane, les instruments prenaient toute la place. Sur la basse une bouteille de mousseux, quand même.. Maintenant je ne sais plus si c'était Guillaume à l'avant, avec moi qui conduisais ou Christophe. Je revois bien Guillaume disant, passez-moi la bouteille de mousseux avant que vous la finissiez, que j'en passe un peu à Paulandré, Manu lui demander goguenard, et toi t'en bois pas? et Guillaume, oh, oh non, non, moi ça me dégoûte le mousseux, il est hors de question que je touche à ça... vous allez avoir un de ces mal de tête. Oui je m'imagine bien en train de gueuler sur Guillaume pour qu'il ne finisse pas la bouteille et qu'il m'en laisse un peu... mais je ne voudrais pas que ce soit trop caricatural non plus.
Quand nous sommes arrivés, Florent nous a aidé à décharger le matériel... tandis que nous frôlions la crise d'angoisse collective, la remise en question permanente pour nous détendre et gagner du temps il accorda même les guitares (Christophe et moi qui n'étions pas sûrs que le public soit sensible à la simplicité rustique de notre jeu de guitare après les essais de Florent ça nous a ému mais ça nous a pas beaucoup détendu... On a dû boire un verre de blanc tous les 5 pour "refaire les niveaux.")
Quand nous sommes arrivés, Stéphane nous a aidés à décharger le matériel et un ampli à la main il s'est jeté sur le barman, en lui en disant mort de rire, ouais, je suis membre de Le Stu, on est 5 et on veut bien une bière chacun et pour moi ça sera une pinte, je suis crevé, mon beau, haha. (C'est là qu'assassin je précise que quelques heures plus tard pendant qu'on jouera dans la salle au sous-sol il restera au bar à discuter avec un pote.)
Je sais même plus si on est rentré directement d'Eygalières ou si on a dormi là-bas mais je me souviens qu'au retour de Montpellier, dans la nuit, j'étais à la place du mort, bavais un mélange de whisky et de bière sur la vitre latérale, tandis que Guillaume conduisait d'une main de maître, pas de panique les gars, je vous ramène, on va faire un beau dodo à la maison. Manu répétait: je vais crever, je vais crever, je vais crever, il faut que je fasse quelque chose. Il avait imposé un arrêt sur une aire et s'était rué dans le "market", bu un café et une canette de redbull cul sec en moins de dix secondes et s'était jeté, blotti à l'arrière de la voiture en disant, putain, je peux enfin dormir. Et quand Stéphane, qui était entre temps allé pisser, avait proposé un pack, de prendre un pack de bière pour la suite de la route, Christophe et moi, surtout moi, avions gémi: non... Manu n'avait rien répondu: il dormait comme une masse.
Un peu déçu, il s'était foutu de nous avec Guillaume qui reprenait une clope et le volant.
Je signale au passage qu'entre les deux allers-retours des amplis grillèrent mais surtout que pendant que Manu essayait de me convaincre qu'il fallait que je me fasse un tatouage de taulard sur l'avant-bras, stylo bille et preuve à la main comme à l'appui, Christophe, Stéphane et moi parlions de nos pères, de nos mères, des enfants, de la liberté, de l'angoisse pendant que Florent, Christophe, Guillaume, Manu et moi nous taisions pudiquement sur le rapport à la vie, à la mort, à l'amour et à la liberté...
ça fait encore plus alcoolique, mais je le dis.
Et c'est pas trop grave si ça fait patient récurrent de pédopsychiatre: vu tout le fric que les généreux et généreuses mécènes d'Eygalières nous ont donné, et ce malgré les hurlements et les menaces d'une vieille dans le public dès qu'on a touché nos instruments, on peu encore un peu le payer, le pédopsychiatre.
PS: tout me revient maintenant, ni on n'avait dormi à Eygalières, ni on n'était rentré à Marseille: on était passé chez la mère de Manu, y'avait du vent, des arbres, des voûtes, de l'accueil, c'était très bien.
Nous avions loué un camion, énorme, au fond de la soute duquel l'ampli fender, l'ampli vox, l'ampli basse, la batterie et les guitares semblaient minuscules.
A l'allée Manu conduisait, le camion avait été loué avec les papiers de Christophe et va savoir pourquoi Manu n'avait pas le droit de conduire... il avait dû perdre tout ses papiers, et Christophe était un peu stressé par ça...il soufflait contre la vitre latérale en battant mécaniquement de l'épaule, verdâtre, alternant les sifflements haineux contre les automobilistes et les: putain, je te fais confiance Manu, j'ai confiance en toi Manu, je sais qu'il va y avoir aucun pb, t'inquiète pas, j'ai confiance... Je crois que dès la première halte sur une aire, il était passé rapidement à l'arrières se détendre et nous détendre, passé à côté de Guillaume et Florent avec qui il avait pu faire des blagues de cul et rire hyper fort.
Oui Florent était là, il avait un paquet de MMs et une bouteille d'eau et Guillaume, ravi d'avoir un être un peu nouveau avec lui, lui expliquait ce qu'il tapait sur Google.
Nous allions à Montpellier.
On avait pris la Xsara, grise, ma voiture qui n'était pas à moi et notre voiture de base. La base. La basse sur les genoux à l'arrière de Christophe, Manu et Stéphane, les instruments prenaient toute la place. Sur la basse une bouteille de mousseux, quand même.. Maintenant je ne sais plus si c'était Guillaume à l'avant, avec moi qui conduisais ou Christophe. Je revois bien Guillaume disant, passez-moi la bouteille de mousseux avant que vous la finissiez, que j'en passe un peu à Paulandré, Manu lui demander goguenard, et toi t'en bois pas? et Guillaume, oh, oh non, non, moi ça me dégoûte le mousseux, il est hors de question que je touche à ça... vous allez avoir un de ces mal de tête. Oui je m'imagine bien en train de gueuler sur Guillaume pour qu'il ne finisse pas la bouteille et qu'il m'en laisse un peu... mais je ne voudrais pas que ce soit trop caricatural non plus.
Quand nous sommes arrivés, Florent nous a aidé à décharger le matériel... tandis que nous frôlions la crise d'angoisse collective, la remise en question permanente pour nous détendre et gagner du temps il accorda même les guitares (Christophe et moi qui n'étions pas sûrs que le public soit sensible à la simplicité rustique de notre jeu de guitare après les essais de Florent ça nous a ému mais ça nous a pas beaucoup détendu... On a dû boire un verre de blanc tous les 5 pour "refaire les niveaux.")
Quand nous sommes arrivés, Stéphane nous a aidés à décharger le matériel et un ampli à la main il s'est jeté sur le barman, en lui en disant mort de rire, ouais, je suis membre de Le Stu, on est 5 et on veut bien une bière chacun et pour moi ça sera une pinte, je suis crevé, mon beau, haha. (C'est là qu'assassin je précise que quelques heures plus tard pendant qu'on jouera dans la salle au sous-sol il restera au bar à discuter avec un pote.)
Je sais même plus si on est rentré directement d'Eygalières ou si on a dormi là-bas mais je me souviens qu'au retour de Montpellier, dans la nuit, j'étais à la place du mort, bavais un mélange de whisky et de bière sur la vitre latérale, tandis que Guillaume conduisait d'une main de maître, pas de panique les gars, je vous ramène, on va faire un beau dodo à la maison. Manu répétait: je vais crever, je vais crever, je vais crever, il faut que je fasse quelque chose. Il avait imposé un arrêt sur une aire et s'était rué dans le "market", bu un café et une canette de redbull cul sec en moins de dix secondes et s'était jeté, blotti à l'arrière de la voiture en disant, putain, je peux enfin dormir. Et quand Stéphane, qui était entre temps allé pisser, avait proposé un pack, de prendre un pack de bière pour la suite de la route, Christophe et moi, surtout moi, avions gémi: non... Manu n'avait rien répondu: il dormait comme une masse.
Un peu déçu, il s'était foutu de nous avec Guillaume qui reprenait une clope et le volant.
Je signale au passage qu'entre les deux allers-retours des amplis grillèrent mais surtout que pendant que Manu essayait de me convaincre qu'il fallait que je me fasse un tatouage de taulard sur l'avant-bras, stylo bille et preuve à la main comme à l'appui, Christophe, Stéphane et moi parlions de nos pères, de nos mères, des enfants, de la liberté, de l'angoisse pendant que Florent, Christophe, Guillaume, Manu et moi nous taisions pudiquement sur le rapport à la vie, à la mort, à l'amour et à la liberté...
ça fait encore plus alcoolique, mais je le dis.
Et c'est pas trop grave si ça fait patient récurrent de pédopsychiatre: vu tout le fric que les généreux et généreuses mécènes d'Eygalières nous ont donné, et ce malgré les hurlements et les menaces d'une vieille dans le public dès qu'on a touché nos instruments, on peu encore un peu le payer, le pédopsychiatre.
PS: tout me revient maintenant, ni on n'avait dormi à Eygalières, ni on n'était rentré à Marseille: on était passé chez la mère de Manu, y'avait du vent, des arbres, des voûtes, de l'accueil, c'était très bien.
jeudi 30 octobre 2014
(STU2: pas très studieux)
Mais oui l'article STU 5 est en chantier.
Mollement? Peut-être pas
Envie, besoin d'une parenthèse?
Allez, rapide.
Pour dire encore une fois, tel un enfant émerveillé et bégayant, que c'est incroyable le langage.
Si on a bien lu la première parenthèse, c'est-à-dire l'article (STU), on a le droit de le relire, on se souvient qu'en même temps que je commençais l'apprentissage de la guitare je rédigeais le "Manuel de guitare personnelle" dans Les Chiens Enragés/ Courts Outrages,
J'ai dit aussi que je n'y disais pas forcément le plus intime, que je sélectionnais les informations, que c'était plus moi, que c'était tout le monde, etcetera, je vais pas recommencer c'est fastidieux - moi, j'aurais jamais la force de relire l'article (STU), et c'est pas une pose.
Or, si on regarde les mots, les sons, les syllabes, tout est dit et ça va beaucoup plus vite, ça te plaît, siècle pressé, tout en étant peut-être même parfois un peu plus pertinent.
Ainsi: Le manuel de guitare personnelle:
_ Manuel (déjà expliqué: le nom propre)
_ Deux (y avait un dessin dès le premier article qui montrait bien que c'était un apprentissage qui convenait bien à ma schyzophrénie)
_ Gui (celui des druides, par exemple)
_ Tard (commencer à trente ans)
_ Père (...)
_ Son (...)
_ Elle(...)
Il semblerait même, à suivre le mouvement naturel du titre, qu'on aille vers le plus intime.
En 1900 avec mon blog j'en aurais eu du succès, et à parfum de scandale presque.
C'est d'ailleurs le moment pour une petite citation qui rappelle que chez Freud la personnalité de l'analysant est ce qui donne le sens au rêve: "chacun des rêves dont j'aurais à m'occuper conduirait aux mêmes choses difficilement communicable et m'amènerait à la même nécessaire discrétion. Je n'éviterais pas davantage cette difficulté si je proposais à l'analyse le rêve d'un autre."
Ce qui veut dire que dans un mouvement d'une élégance absolue je vous laisse enquêter sur vous-même en redécoupant et interprétant tous seul le mot "personnel ", et tous les autres mots de cet article si vous le voulez.
C'est le moment idéal pour rappeler que samedi soir c'est pas moi qui vais donner quarante euros à un quelconque psy imaginaire, Pierrot dans ta tête, mais que c'est vous qui allez donner 5 euros, et plus selon vos besoins et envie, à la Machine à Coudre, non pas parce que vous êtes des anges mais parce que vous êtes désoeuvrés, alcooliques.
(S'il y a un seul lecteur, je le vouvoie avec déférence et amour.)
Si je retrouve quelques vinyles et même de vieux exemplaires de Courts Outrages (le dessin était pas trop mal dans mon souvenir et les articles de mes congénères de haut vol) qui doivent rester dans un tiroir chez moi, je les amène.
Oh, la pute.
Même.
Amène.
Souvenir.
Mollement? Peut-être pas
Envie, besoin d'une parenthèse?
Allez, rapide.
Pour dire encore une fois, tel un enfant émerveillé et bégayant, que c'est incroyable le langage.
Si on a bien lu la première parenthèse, c'est-à-dire l'article (STU), on a le droit de le relire, on se souvient qu'en même temps que je commençais l'apprentissage de la guitare je rédigeais le "Manuel de guitare personnelle" dans Les Chiens Enragés/ Courts Outrages,
J'ai dit aussi que je n'y disais pas forcément le plus intime, que je sélectionnais les informations, que c'était plus moi, que c'était tout le monde, etcetera, je vais pas recommencer c'est fastidieux - moi, j'aurais jamais la force de relire l'article (STU), et c'est pas une pose.
Or, si on regarde les mots, les sons, les syllabes, tout est dit et ça va beaucoup plus vite, ça te plaît, siècle pressé, tout en étant peut-être même parfois un peu plus pertinent.
Ainsi: Le manuel de guitare personnelle:
_ Manuel (déjà expliqué: le nom propre)
_ Deux (y avait un dessin dès le premier article qui montrait bien que c'était un apprentissage qui convenait bien à ma schyzophrénie)
_ Gui (celui des druides, par exemple)
_ Tard (commencer à trente ans)
_ Père (...)
_ Son (...)
_ Elle(...)
Il semblerait même, à suivre le mouvement naturel du titre, qu'on aille vers le plus intime.
En 1900 avec mon blog j'en aurais eu du succès, et à parfum de scandale presque.
C'est d'ailleurs le moment pour une petite citation qui rappelle que chez Freud la personnalité de l'analysant est ce qui donne le sens au rêve: "chacun des rêves dont j'aurais à m'occuper conduirait aux mêmes choses difficilement communicable et m'amènerait à la même nécessaire discrétion. Je n'éviterais pas davantage cette difficulté si je proposais à l'analyse le rêve d'un autre."
Ce qui veut dire que dans un mouvement d'une élégance absolue je vous laisse enquêter sur vous-même en redécoupant et interprétant tous seul le mot "personnel ", et tous les autres mots de cet article si vous le voulez.
C'est le moment idéal pour rappeler que samedi soir c'est pas moi qui vais donner quarante euros à un quelconque psy imaginaire, Pierrot dans ta tête, mais que c'est vous qui allez donner 5 euros, et plus selon vos besoins et envie, à la Machine à Coudre, non pas parce que vous êtes des anges mais parce que vous êtes désoeuvrés, alcooliques.
(S'il y a un seul lecteur, je le vouvoie avec déférence et amour.)
Si je retrouve quelques vinyles et même de vieux exemplaires de Courts Outrages (le dessin était pas trop mal dans mon souvenir et les articles de mes congénères de haut vol) qui doivent rester dans un tiroir chez moi, je les amène.
Oh, la pute.
Même.
Amène.
Souvenir.
mercredi 1 octobre 2014
STU 4...4? local 44
"S'il est libre, dites que vous voulez le 44."
Comme dans Hélène et les garçons, mon cricri, pour répéter il faut un local de répète.
Celui-là s'appelle "l'hôtel de la musique" et se situe rue du Portugal, perpendiculaire à l'avenue de la Capelette. C'est, genre vieille façade d'usine me semble-t-il mais je n'y connais pas grand chose, un assez beau bâtiment, relativement à ceux qui poussent autour de lui depuis une dizaine d'année en tout cas, barres d'immeubles qui ne l'étouffent pas encore mais qui le vouent à disparaître ou à se reconvertir vu le bruit que les 80 ou 90 petites pièces occupées par les groupes font subir au voisinage.
D'ailleurs, depuis cette année, suite à des plaintes j'imagine: double vitrage.
Et, souci d'économie, toutes les fenêtres ont été transformées en lucarnes.
Quant au chauffage, il n'y en a jamais: dans ces pièces où les groupes s'entassent, il fait très froid l'hiver et très chaud l'été ce qui me laisse à penser que le propriétaire ne semble pas vraiment un philanthrope animé par le seul souci du confort de la création musicale. Ou alors il pense comme d'autres que l'art vit de contraintes et meurt de liberté.
Mourir de froid.
Devant la façade: un parking en plein air, lui même enceint d'un haut mur et, pour entrer dans ce parking, une haute porte en bois qui coulisse sur un rail qui grince. Je trouve ça assez beau, c'est pas un pont levis mais comme le mur du parking, celui sur la gauche en entrant, longe un pont sur lequel passe la voie ferrée et sous les arceaux duquel poussent des buissons voire des figuiers, et bê ça fait à la fois industriel et bucolique. XIX° siècle?
Au fond du parking : deux entrées. La première, dans l'axe, toujours fermée par un volet roulant métallique - à moins qu'on n'arrive à en obtenir les clefs pour remplir un camion d'instruments, ce qui est bien commode- l'autre, un peu décalée sur la gauche qui mène à un comptoir: l'accueil où on prend les clefs voire une bière mais plus sûrement un café car les bières clinquent déjà dans le sac en plastique blanchâtre, presque transparent, qui colle par endroit au verre de la 16, humide et froid; salle réduite chaque année par la création de nouvelles pièces au rez de chaussée dans lesquelles on peut loger des groupes qui paient leur loyer.
A quoi ont-ils droit ces groupes qui paient le loyer?
Nous en tout cas on a droit au local 44, ce qui est un bon hasard quand on ne déteste pas la chanson L'hôtel particulier de l'album Mélody Nelson, c'est-à-dire à une pièce moquettée, ce qui permet de conserver précieusement les odeurs de bière, de cigarette et de sueur, de... je sais pas moi... de 5 mètres sur 5... difficile à dire avec le matériel qui même bien rangé prend de la place.
Nous c'est, en ce moment, les intérimaires diasporés du Stu mais aussi les plus sédentaires - ce qui veut dire qu'ils font des répètes - TheSobers et WakeTheDead. Quand nous sommes arrivés il y a 5 ans il y'avait encore Sheeva et Menpenti. Heureusement que le temps passe mais ça dure. Sature?
C'est ici qu'un jour, torse nu, suant mais pas encore totalement ivre Christophe avait répondu, à genoux, à un coup de téléphone de son boulot en disant: "attendez, je suis dans un local avec des gens."
Que dire de plus? " C'est la chambre qu'ils appellent-ici de Cléopâtre?"
Pour finir ne pas oublier de préciser que si on y va à pied, depuis le métro de la Timone, par exemple et comme moi, il faut suivre le boulevard Sakakini et l'avenue de la Capelette en se disant que 3600 ans d'histoire pour arriver à ce niveau d'humanité (voitures, voitures, voitures, scooters, camions, camions, stations, essence, bétail, chèvre, odorant et mécanisé qui perce les tympans) ça peut remettre en question toute notion de progrès mais que comme les musiques saturées correspondent assez bien au décors urbains les plus sordides, c'est très bien comme ça -et, encore une fois, vivement une bonne bouffée de gasoil.
Autour du pédopsychiatre : des dessins d'enfants; au mur : de grandes bibliothèques chargées de livres sérieux; à sa droite : un divan - au dessus duquel, immobile, un ventilateur attend
qu'on lui permette de brasser un peu d'air.
Dans la main du pédopsychiatre un tout petit peu d'argent.
Comme dans Hélène et les garçons, mon cricri, pour répéter il faut un local de répète.
Celui-là s'appelle "l'hôtel de la musique" et se situe rue du Portugal, perpendiculaire à l'avenue de la Capelette. C'est, genre vieille façade d'usine me semble-t-il mais je n'y connais pas grand chose, un assez beau bâtiment, relativement à ceux qui poussent autour de lui depuis une dizaine d'année en tout cas, barres d'immeubles qui ne l'étouffent pas encore mais qui le vouent à disparaître ou à se reconvertir vu le bruit que les 80 ou 90 petites pièces occupées par les groupes font subir au voisinage.
D'ailleurs, depuis cette année, suite à des plaintes j'imagine: double vitrage.
Et, souci d'économie, toutes les fenêtres ont été transformées en lucarnes.
Quant au chauffage, il n'y en a jamais: dans ces pièces où les groupes s'entassent, il fait très froid l'hiver et très chaud l'été ce qui me laisse à penser que le propriétaire ne semble pas vraiment un philanthrope animé par le seul souci du confort de la création musicale. Ou alors il pense comme d'autres que l'art vit de contraintes et meurt de liberté.
Mourir de froid.
Devant la façade: un parking en plein air, lui même enceint d'un haut mur et, pour entrer dans ce parking, une haute porte en bois qui coulisse sur un rail qui grince. Je trouve ça assez beau, c'est pas un pont levis mais comme le mur du parking, celui sur la gauche en entrant, longe un pont sur lequel passe la voie ferrée et sous les arceaux duquel poussent des buissons voire des figuiers, et bê ça fait à la fois industriel et bucolique. XIX° siècle?
Au fond du parking : deux entrées. La première, dans l'axe, toujours fermée par un volet roulant métallique - à moins qu'on n'arrive à en obtenir les clefs pour remplir un camion d'instruments, ce qui est bien commode- l'autre, un peu décalée sur la gauche qui mène à un comptoir: l'accueil où on prend les clefs voire une bière mais plus sûrement un café car les bières clinquent déjà dans le sac en plastique blanchâtre, presque transparent, qui colle par endroit au verre de la 16, humide et froid; salle réduite chaque année par la création de nouvelles pièces au rez de chaussée dans lesquelles on peut loger des groupes qui paient leur loyer.
A quoi ont-ils droit ces groupes qui paient le loyer?
Nous en tout cas on a droit au local 44, ce qui est un bon hasard quand on ne déteste pas la chanson L'hôtel particulier de l'album Mélody Nelson, c'est-à-dire à une pièce moquettée, ce qui permet de conserver précieusement les odeurs de bière, de cigarette et de sueur, de... je sais pas moi... de 5 mètres sur 5... difficile à dire avec le matériel qui même bien rangé prend de la place.
Nous c'est, en ce moment, les intérimaires diasporés du Stu mais aussi les plus sédentaires - ce qui veut dire qu'ils font des répètes - TheSobers et WakeTheDead. Quand nous sommes arrivés il y a 5 ans il y'avait encore Sheeva et Menpenti. Heureusement que le temps passe mais ça dure. Sature?
C'est ici qu'un jour, torse nu, suant mais pas encore totalement ivre Christophe avait répondu, à genoux, à un coup de téléphone de son boulot en disant: "attendez, je suis dans un local avec des gens."
Que dire de plus? " C'est la chambre qu'ils appellent-ici de Cléopâtre?"
Pour finir ne pas oublier de préciser que si on y va à pied, depuis le métro de la Timone, par exemple et comme moi, il faut suivre le boulevard Sakakini et l'avenue de la Capelette en se disant que 3600 ans d'histoire pour arriver à ce niveau d'humanité (voitures, voitures, voitures, scooters, camions, camions, stations, essence, bétail, chèvre, odorant et mécanisé qui perce les tympans) ça peut remettre en question toute notion de progrès mais que comme les musiques saturées correspondent assez bien au décors urbains les plus sordides, c'est très bien comme ça -et, encore une fois, vivement une bonne bouffée de gasoil.
Autour du pédopsychiatre : des dessins d'enfants; au mur : de grandes bibliothèques chargées de livres sérieux; à sa droite : un divan - au dessus duquel, immobile, un ventilateur attend
qu'on lui permette de brasser un peu d'air.
Dans la main du pédopsychiatre un tout petit peu d'argent.
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